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Interview de Roger Wallet

Une enfance dans un village aux frontières de la Normandie, quelques années d'internat en Seine-et-Oise et retour en Picardie dans le giron familial à l'âge du lycée. Des études sans problèmes mais sans passion conduisent Roger Wallet à une carrière d'instituteur dont il s'éloigne parfois pour d'autres expériences.





Interview de Roger Wallet
Roger Wallet est resté fidèle aux cieux, un peu gris et pluvieux, de la Picardie, où il a passé le plus « clair » de sa vie. Il y a mené une double carrière dans l'enseignement et dans l'action culturelle. L'écriture romanesque est chez lui une vocation assez tardive, abordée entre quadra et quinqua. Au début des années quatre-vingt-dix, il découvre l'écriture, dans le parage amical de Jean-Pierre Cannet (« Gueules d'orage », « Bris de guerre », « La grande faim dans les arbres », « Little boy »…).

Quelques nouvelles plus tard, il publie son premier roman, Portraits d'automne (Le Dilettante, 1999 ; Folio, 2002). Son second texte long (Ce silence entre nous, Denoël, 2000). Confirme son goût des univers quotidiens, des vies simples, des gens « de peu », de ces existences où « le chagrin trouve à s'employer ».

Ce premier roman, Portraits d'automne, paru au Dilettante en 1999 et aujourd'hui en poche (Folio), lui vaut une critique unanimement élogieuse et un passage à « Apostrophes » l'émission mythique de Bernard Pivot.

C'est à cause du vallon. Quand on s'adosse à la maison, on le voit qui emplit l'horizon, avec sa crinière de blés. Les nuages s'y accrochent et, en plissant les yeux, le blanc et l'ocre se fondent. Sur la gauche surgissent des halliers. En cette saison ils sont d'un vert paille, presque jaune, comme les choses qui vont finir.

Dans le creux du terrain serpente la rivière. La modestie du flux inciterait plutôt à parler de ruisseau mais les gens tiennent à leur statut. D'ailleurs, sur le pont de Montreuil, elle porte un nom : la Belle.
À l'automne, grosse des pluies, elle fait parfois l'importance mais les troupeaux la franchissent sans effort, sans même allonger le pas.
Extrait de « Tout ce que j'ai perdu m'appartient »


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