Recherche


Les brèves

RDV en septembre

Voilà le temps des congés. Retrouvez votre agenda préféré dès septembre.

Conférence annulée

La Conférence avec le Général Patrick Marengo, du jeudi 26 juin 2008 à 17h30, est annulée et reportée à une date ultérieure.

La presse en parle

Va savoir sur Nantes-passion


Sondage
Que pensez-vous du nouveau design ?



Intervenez dans le débat !



Guide de Nantes
	 et de Loire Atlantique



Accueil  >  Edito

Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable

Medias alternatifs et Europe

Le site va-savoir.net a été invité par la Maison de l‘Europe à s'exprimer sur le thème : « Média alternatifs et Europe ». Ce texte est la synthèse de la réponse à cette invitation.



Medias alternatifs et Europe
I. va-savoir.net : Media ? je dirais, « probablement », à condition de préciser :

Si je réponds en tant que lecteur. Avant d'être responsable d'un média, j'ai été, et je suis toujours avide de médias, la presse en particulier. Elle participe de mon information, elle me permet de penser le monde comme il va, de me mettre en rapport avec les autres. Comme beaucoup, j'entretiens aussi un rapport passionnel avec mes lectures : parfois admiratif, parfois critique au point d'être incité à ré-agir, à faire valoir un autre point de vue.

Si je réponds en tant qu'acteur impliqué dans le monde de l'enseignement, je dirais que les média y occupent une place importante pour diffuser les savoirs, les connaissances. Peut-être l'enseignement sous-estime-t-elle l'importance des médias, les jugeant réducteurs. Education et média, pour moi partagent une même problématique, celle de la diffusion de l'information. Je me réfère ici à l'étymologie du mot média qui selon le dictionnaire : "est un moyen de diffusion, de transmission et de communication d'une information". Ce qui icidiffère c'est le degré de profondeur du propos, l'information étant le premier stade de la connaissance.

Je pense que la raison de ma présence est surtout liée au fait que j'ai conçu et dirige le site va-vavoir.net, média que je qualifierais non pas « d'alternatif » mais de « citoyen » ou de « proximité ». Ce média existe depuis janvier 2006, et pour l'instant il est exclusivement décliné en ligne. Va-savoir.net s'est constitué autour de la volonté de référencer les conférences et débats sur l'agglomération. Sa vocation est de rendre davantage visible les échanges de savoirs qui s'expriment sur le territoire local, et de cette manière, participe de la dynamisation du débat démocratique dit « de proximité. » A ce titre va-savoir.net a eu l'occasion également de relayer des informations et certains débats relatifs à l'Europe [Yannick Vaugrenard et Roselyne Bachelot au CCO].


II. S'agit-il d'un media alternatif ? j'en suis moins sûr. D'ailleurs, alternatif à quoi ?

- A la presse générale ? De mon point de vue nous avons en France une presse de qualité, du moins dans son traitement. Il n'y a de presse de caniveau comme ailleurs en Europe.
Mais il est vrai, pour reprendre les propos de J.F Khan, nous avons par contre un manque de diversité dans l'organisation des médias, un problème de représentativité qui débouche sur un relatif unanimisme des sujets, des angles de traitement. Mais peut-on faire le reproche à la presse seule ? Ne s'agit-il pas d'un problème qui dépasse la presse, un problème qui demande des arbitrages politiques, notamment en ce qui concerne le poids de groupes économiques dans le capital des grands groupe de presse.

- Au système libéral ?
Les choses sont complexes, et pour parler du monde comme il va, il faut du temps, de l'espace, des ressources tout ce dont ne disposent que rarement les journaux et les journalistes, affairés à suivre l'actualité, le scoop. La posture d'experts, de chercheur m'intéresse davantage à ce niveau. Peut-être faut-il aussi relativiser l'importance de la presse qui n'est qu'un élément parmi d'autre dans l'écosystème des savoirs. L'important c'est de trouver les ressources pour se forger une opinion. D'autre sources existent : les livres, les débats, la famille, l'expérience…

- A la pensée Unique, alors ?
Je me sens davantage concerné par cet aspect. Il est vrai que bon nombre de médias s'inscrivent dans une culture de divertissement. Si cette presse à un impact non négligeable, on peut tout de même affirmer qu'elle n'occupe pas tout l'espace médiatique. Même si la pluralité est mise à mal - je pense à Libé, Politis, certaines émissions de France Inter qui sont en passe de disparaître - il faut rappeler que nous sommes dans un système d'offre et de demande. C'est la loi du marché qui a toujours régit la presse en France. Il ne fait pas de mal de la rappeler, surtout aux impétrants, qui feignent souvent de l'ignorer.

On constate la fois un phénomène de concentration des grands médias (ex : presse gratuite), mais à la fois à l'expansion de petites initiatives. La distinction viendrait donc de « petit / grand ». Cette distinction ne parait pas assez explicite. Il y a des petits qui ont un fort impact, qui n'est pas proportionnel à leur nombre de lecteur (Le quotidien « Le Monde » est « petit » dans sa diffusion à comparé de Ouest-France). Certes, ils n'ont pas la même fonction, la même diffusion, notoriété...

Ce qui me motive c'est de voir en quoi la presse rend possible des initiatives qui contribuent à forger des esprits libres parce que critique, et qui donne aussi envie de réagir, peut être d'agir (s'agit-il d'une utopie ?).

Deux postulats animent le projet va-savoir.net.

- Répondre à une posture critique souvent entendue : « Il n'y a pas assez de débats démocratiques ». Persuadé du contraire parce que peut-être travaillant à l'Université, mon objet est de montrer la diversité des initiatives. Je crois qu'il y a une erreur fondamentale à croire que la presse serait le seul, ou le principal vecteur de propagation des idées. Pour moi, la presse n'est pas le seul vecteur d'informations pour forger les opinions, loin sans faut. Partout ils existent des débats, des controverses, au sein des institutions, ou en dehors. Notre projet consiste à montrer cette richesse, si possible la valoriser, car il est vrai qu'il y a déficit de visibilité et capitalisation en la matière.

- D'abord informer et rendre service au public : un media existe à la condition qu'il rencontre son public, c'est-à-dire qu'il crée des services à valeur ajoutée qui sont au plus près de ses attentes en matière d'information. Créer un agenda des conférences et débats, c'est rendre service à ceux qui n'ont pas cette information, quelqu'en soient les raisons. Puisque cette information agrégée, dite de « premier niveau » n'existait pas dans les grands ou petits media, il avait possibilité d'adopter une stratégie de niche qui ne s'oppose pas au grand. Elle peut même s'articuler aux médias institués, médias qu'il faut sans soute redéfinir dans leur conception, depuis l'avènement d'Internet. Nous pensons que notre développement économique passe avant tout par des coopérations fondées sur la base de volontariats d'échanges, et s'articule sur un modèle gratuits/payants.

- Nouveau media ? Oui, Internet défriche de nouveaux horizons, par delà les territoires et les institutions.

- Et l'Europe me direz-vous ?
La mode de développement en réseau de l'Internet nous ramène d'un certain point de vue à l'Europe et à son expansion. En effet pour exister en tant qu'échelon politique, l'Europe joue différemment aux territoires. Elle incite à la fois à davantage de proximité tout en incitant aux coopérations "inter" ou "trans" - nationales, parfois se substituant à eux.

Par certains côtés, l'Europe en appuyant son développement sur les territoires infra-nationaux, incite à la participation citoyenne et favorise du même coup les expressions locales, et donc par extension, incite au développement de nouveaux médias. Internet est particulièrement adapté à ces modes d'expression, parce qu'il permet des stratégies de diffusion locales et globales à la fois. On se rend bien compte que ce qui se passe « là-bas » peut avoir un impact ici, dans une économie mondialisée. La circulation rapide de l'information permet à la fois de comprendre ce phénomène, tout en l'alimentant lui-même.

Internet dispose d'un avantage clef. Il est d'un rapport économique sans commune mesure avec la presse papier. Il permet une réactivité sans précédent, à moindre cout. Avec la révolution du numérique on voit aussi l'avènement de l'image qui n'est plus du domaine réservé de la télévision. L'interactivité et la dynamique des échanges la « fossilise », ce qui donne de nouveaux espaces d'expression, surtout pour les publics jeunes qui sont habités aux échanges médiatisés.


Conclusion :

Le temps des réponses simples est sans doute fini, en tout cas pour une part croissante de la population qui est de plus en plus en phase à des préoccupations inscrites entre locales et globales. Pour se repérer dans l'incertain, cela demande des repères, notamment des sources d'informations en nombre et de qualité, qui vont au cœur des choses. Dans nos sociétés démocratiques ces sources existent, elles sont d'ailleurs nombreuses, à condition de savoir les repérer. Ici et là-bas, localement, nationalement, en Europe ou ailleurs. Cependant si le savoir est en voie de dématérialisation, rappelons- nous que sa source reste et restera territorialisée et de ce point de vue, ni l'Europe, ni Internet n'y changeront rien, quoi que.

Walter Bonomo
Directeur éditorial, va-savoir.net
Novembre 2006

Lu 571 fois



« »



Nouveau commentaire :

Nom*
Adresse email* (non publiée)
Site web

Commentaire
Me notifier l'arrivée de nouveaux commentaires